Le mélange des genres est rarement une bonne idée

Lors de l’assemblée générale de la SMTP ce samedi 18 janvier 2020, votre serviteur et certains de ses camarades ont eu une fois de plus la démonstration que le mélange des genres est rarement une bonne idée.

À la fin de l’assemblée, dans les divers, la parole a été donnée à monsieur Robin Udry, secrétaire général de PROTELL.
Dans son speech, M. Udry a, à notre grande surprise, entonné un petit couplet sur “NoGunsNoPlanes.ch”, disant en substance qu’il n’était pas bon de nous diviser, à l’heure où les attaques viennent de toutes parts. Et qu’il fallait être unis pour défendre les valeurs qui ont fait la Suisse, parmi lesquelles l’armée et ces avions.

Puisque M. Udry a l’amabilité de parler de nous et, d’une certaine façon, de légitimer notre existence, je pense qu’il est nécessaire d’exposer notre point-de-vue. Après tout, en démocratie c’est l’échange des idées qui fait avancer la machine.

Il peut sembler effectivement contre-nature que des citoyens “de droite”, des tireurs, des chasseurs, des collectionneurs, des amateurs d’armes au sens noble du terme, s’engagent contre l’achat de nouveaux avions de combat. Mais contrairement à ce qu’affirme M. Udry, nous ne faisons pas le jeu du GSSA, ni ne souhaitons nous “venger” de quoi que ce soit.

Nos arguments sont les suivants:

– en une trentaine d’années, l’armée suisse est passée de 600’000 à 130’000 hommes, soit de 10 à 1,6% de la population (puisque dans le même temps nous passions de 6 à 8 millions d’habitants)
– de fait, ceux qui n’arrivent pas à se faire réformer passent pour des abrutis
– les militaires qui restent sont donc souvent des secundos, dont certains sont plus enclins à faire allégeance à un aigle bicéphale qu’à une croix blanche
– bref, il reste une armée d’opérette qui n’a plus d’ancrage dans la population
– personne n’a envie de gaspiller 6 milliards sans savoir où ils iront, et surtout pas dans l’UE!
– je ne vois pas l’intérêt d’avoir des avions américains non plus: sachant qu’on doit recevoir chaque semaine les codes de la NSA pour pouvoir les faire décoller, et que l’armement est bridé par les constructeurs.
– je me moque royalement des “commandes compensatoires”. Quand armasuisse achète des fusées pour ses obus à une entreprise du Locle qui compte 95% de frontaliers dans son personnel, en tant que citoyen et contribuable, je suis trois fois trahi: lorsque mes impôts payent ce matériel, lorsque les salaires vont en France et lorsqu’il faut indemniser nos chômeurs.
– PROTELL milite pour un droit libéral sur les armes, cela n’a aucun rapport avec l’achat – ou non – d’avions de combat. Je dirais même qu’au contraire, dans le contexte actuel, défendre ces avions inutilisables est certes dans l’intérêt de cette armée réduite à la portion congrue, mais hélas contre l’intérêt du peuple. Et ce que l’on se place dans le respect d’une armée de milice “à l’ancienne”, ou moderne, “2.0”…
– le combat de PROTELL pour les armes n’a donc aucun rapport avec les ruines de l’armée suisse
– enfin et surtout: nous avons annoncé notre volonté et notre détermination avec #NogunsNoPlanes il y a plus d’une année, et j’aime (nous aimons…) tenir parole.

On nous objectera que lors de la campagne pour la votation sur les armes du 19 mai 2019, la Société suisse des officiers nous a soutenu. Certes, la SSO nous a soutenu, du bout des lèvres, mais il y a eu presque autant d’officiers dissidents qui ont pris le parti inverse ( www.jazuschengen.ch/fr/ ).

Quant à défendre “l’armée”, je dirai ceci:
“L’armée” se moque bien des tireurs lorsqu’elle nous vend ses cartouches de 9mm para au double du prix du marché.
“L’armée” se contrefout de supprimer des armes et des calibres de la liste des armes autorisées pour le tir en stand. Les Mq31 et W+F Parabellum seront bientôt interdits de tirs, et “confiscables” comme les autres.
“L’armée” est aux ordres, de madame Amherd désormais, et personne ne se rend compte qu’elle ne représente pratiquement plus rien. Dans 20 ans, que restera-t-il? 30’000 hommes? 20’000 hommes?
Il ne s’agit pas de cracher sur l’armée, mais de reconnaître qu’entre la défense d’un droit libéral sur les armes et la défense de “l’armée”, il va falloir choisir entre l’un ou l’autre. Les intérêts de “l’armée” ne sont plus ceux de la population, et encore moins des tireurs. Je le déplore, mais je préfère composer avec cette nouvelle situation plutôt que de jouer à vivre dans “l’ancien monde”.

#NoGunsNoPlanes remercie donc M. Udry de mettre en lumière notre combat. Nous en profitons pour réaffirmer que notre opposition est fondée, argumentée, afin que subsiste autant que faire se peut un droit et une culture des armes en Suisse.

Enfin, je rappellerai l’urgence de la situation. Après la directive 17/853, la prochaine arrivera en 2022. Et elle sera appliquée automatiquement. Au titre des acquis de Schengen, de la votation du 19 mai 2019, etc. Et si elle prévoit, comme certains le pensent, l’interdiction pure et simple des armes semi-automatiques, dans 3 ans nous sommes morts. Ou désarmés, mais face à l’ennemi, c’est la même chose.

Avec nos salutations démocratiques et respectueuses,
Pour NoGunsNoPlanes.ch
Jeferson, le 19 janvier 2020